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CIEPFC : Centre International d'Etude de la Philosophie Française Contemporaine
Centre international d'étude de philosophie française contemporaine

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dimanche 15 juin 2014
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13 06 2013

21 juin : « KANT ET FREGE : LECTURES CROISÉES »

JOURNÉE D’ÉTUDE


Vendredi 21 juin 2013

JOURNÉE D’ÉTUDE : KANT ET FREGE, LECTURES CROISÉES

Sous-sol du pavillon Pasteur, 45, rue d’Ulm, Paris 5e

9h30-12h30 et 14h-17h

Dans le cadre du séminaire

PHILOSOPHIE FRANCAISE & PHILOSOPHIE ANALYTIQUE AU 20e SIECLE

Centre international d’étude de la philosophie française contemporaine (CIEPFC-Cirphles – ENS-Ulm) /Institut de recherches philosophiques (IREPH – Université Paris Ouest Nanterre)


PROGRAMME

MATIN

9h30-12h30

Frédéric FRUTEAU de LACLOS (Université de Paris 1) :

« Logiques de la sensibilité. La réception esthétique de Frege »

Je voudrais montrer que la pensée française des années 1960-1970 est loin d’avoir été indifférente à la philosophie analytique, mais qu’elle l’a reçue sur un mode et dans un domaine assez inattendus. Ainsi de Lyotard qui, avant de lire Wittgenstein et Kripke dans Le Différend, a utilisé Frege au coeur de sa thèse Discours, figure. Cela a eu des effets sur ses contemporains, puisque Dufrenne, conduit à répondre à certaines critiques adressées par son ancien thésard, a lu Frege et insisté sur l’importance esthétique de la référence (Bedeutung), par-delà le sens (Sinn) et la représentation (Vorstellung). Ce débat n’est pas isolé, car avant eux Deleuze avait évoqué l’article fondateur de Frege dans sa Logique du sens. L’ouvrage aurait déjà pu s’intituler Critique et clinique : les concepts sont présents, mis au travail, et ils introduisent à une refonte de l’esthétique kantienne. Il ne s’agira donc pas seulement de rendre compte d’une réception esthétique de Frege, mais à travers elle d’envisager une relance de l’approche kantienne de la sensibilité par-delà, ou conjointement à, l’analytique frégéenne.

Juan Luis GASTALDI (Université de Bordeaux 3) :

« Frege et l’articulation du passage du contenu au sens »

Sans être injustifiée, la place canoniquement attribuée à Frege en tant que père fondateur de la philosophie analytique a eu cependant pour effet l’aplatissement des dimensions multiples dont est traversée son œuvre profonde. Dans les dernières décennies, nombreuses ont été les études à vouloir contester cette lecture unidimensionnelle de l’œuvre frégéenne. La principale stratégie empruntée par ces études a généralement consisté à lui restituer une perspective historique en la rapportant au contexte philosophique et idéologique dans lequel cette œuvre prenait racine. Dans ce contexte, et dans son histoire immédiate, la figure de Kant occupait une place prépondérante, à laquelle les auteurs de ces études ont essayé, sous les formes les plus variées, de rattacher la philosophie frégéenne. Mais si par cette mise en rapport une nouvelle perspective a été effectivement gagnée, contribuant au rapprochement entre les formulations frégéennes et la philosophie continentale, ces études tendent à effacer l’originalité aussi radicale que problématique de ces formulations derrière les multiples figures d’une question le plus souvent inféconde : Frege était-il ou non kantien ? Aussi, en évitant le double faux problème de la descendance et de la filiation, voudrions-nous mettre en avant la façon dont l’œuvre frégéenne peut être vue comme assumant les problèmes dont la tradition de pensée allemande ouverte par Kant avait chargé la philosophie, pour les renouveler selon des moyens entièrement inattendus. Notamment, nous montrerons que l’appropriation frégéenne de la question d’une logique du contenu, empruntée aux débats académiques de l’époque post-hégélienne, mais confrontée aux logiques mathématisées naissantes, entraîne chez Frege l’articulation d’un axe inédit expression-contenu qui brise la dualité classique du contenu et de la forme. Les malentendus dont a été marquée la réception immédiate de la Begriffsschrift apparaîtront comme une confirmation de la nouveauté de cette reconfiguration du régime d’intelligibilité de la logique, dont la portée philosophique ne saurait être négligée, puisque c’est elle qui conduira à scinder la notion de contenu en sens et référence, et à transformer la logique du contenu, chère à la tradition philosophique de l’Idéalisme Allemand, en logique du sens, non moins que de la référence. À travers cette articulation d’un axe expression-contenu et cette affirmation de la logique comme logique du sens, on verra s’ouvrir, peut-être, des perspectives nouvelles pour un rapprochement inédit entre la tradition de la philosophie analytique et celle qui, à travers les avatars du structuralisme, se laisse toujours reconnaître comme philosophie française contemporaine.

Ali BENMAKHLOUF (Université de Paris Est - Créteil) :

« Nommer, décrire, énumérer : de Frege à Flaubert »

Le paradigme de la désignation mis en oeuvre par Gottlob Frege a été considéré par Bertrand Russell comme un paradigme limitatif : il ne permet pas de prendre en compte de manière logique les noms propres se rapportant à la fiction. D’où la nécessité d’avoir recours à la description définie. Wittgenstein le considère quant à lui comme un paradigme obsolète. Il a voulu aller plus loin que la description, en passant à l’énumération : utiliser un nom propre consisterait à énumérer les possibilités référentielles d’un nom propre. A partir de l’exemple de Flaubert, notamment dans son conte « Un cœur simple », je chercherai à mettre en oeuvre cette évolution de Frege à Wittgenstein.


APRES-MIDI

14h-17h

Brice HALIMI (Université de Paris Ouest) :

« La portée de la logique selon Kant et Frege »

Kant et Frege, en dépit de leur divergence, s’accordent pour reconnaître à la logique à la fois universalité et radicalité : la logique est universelle dans la mesure où les lois logiques valent de toutes choses en général (sans aucune restriction) ; elle est radicale dans la mesure où l’on ne peut contester les lois logiques sans continuer de les présupposer (ce qui est auto-réfutant). Kant et Frege s’accordent également pour faire de l’universalité et de la radicalité de la logique deux traits solidaires, voire équivalents. On s’intéressera à cette thèse kanto-frégéenne, à sa critique possible et à sa descendance contemporaine.

Elie DURING (Université de Paris Ouest) :

« Rien(s) »

On commencera par évoquer, après d’autres, l’histoire de la transformation de la question métaphysique du néant ou du non-être en la question du « rien », dont le contraire n’est pas l’être ou l’étant mais le « quelque chose » en général. Cette transformation, parachevée en des sens divergents par Frege et Husserl, trouve sa source chez Kant dans L’unique fondement possible d’une démonstration de l’existence de Dieu et dans la section sur l’Idéal de la raison pure de la première Critique, avec le célèbre argument déniant à l’existence le statut de prédicat. Cependant, et dans le même temps, la non moins célèbre « table du rien » exposée dans l’Amphibologie des concepts de la réflexion vient contrarier ce bel effort en direction d’une conception sobre (univoque) de l’existence, de l’inexistence et donc du rien ; en rouvrant la question de la pluralité des modes d’inexistence – l’imprésentable, l’évanouissant, l’inobjectivable, l’inconstructible –, elle indique en filigrane certaines voies empruntées par la philosophie française contemporaine dans les parages de l’« obscur-distinct », par-delà la fixation sur l’intentionnalité ou la référentialité.

Jean-Michel SALANSKIS (Université de Paris Ouest) :

« Réticences analytiques et françaises à l’intuition pure »

On voudrait dans cet exposé, s’intéresser au rejet de la notion kantienne d’intuition pure, qui fut important au XXe siècle pour la constitution du courant analytique mais qui, à peu près en même temps, fut à beaucoup d’égards partagé par la philosophie française. Pourront être évoquées les lectures de Kant par Carnap, Hintikka, Strawson, Martin-Löf, Lyotard et Deleuze (dans la limite du temps disponible).


RESPONSABLES

Elie During (Université de Paris Ouest – Nanterre) / Frédéric Fruteau de Laclos (Université de Paris 1 Panthéon – Sorbonne) / Jean-Michel Salanskis (Université de Paris Ouest – Nanterre)


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